Il n’y a que le désert qui guérisse les désespoirs. Parce que le désert, c’est les espaces infinis, le silence des dunes, un ciel dans les nuits émaillé de milliers d’étoiles. Un environnement qui sans faute sauve les grands désespérés. Dans le désert, on pouvait pleurer sans crainte de faire déborder un fleuve.
Ahmadou Kourouma (En attendant le vote des bêtes sauvages, p.144, Éd. du Seuil, 1998)
J’ignorais que le monde est souvent plus évident qu’on ne pense, et que ses vérités, pour être banales, n’en sont pas moins transparentes et vives.
Jean-Christophe Grangé (Le Vol des cigognes, p.59, Livre de poche n°17057)
Le chagrin […] est carnivore. Il se repaît de vous, que vous en soyez conscient ou non, que vous luttiez ou non. En cela, il ressemble beaucoup au cancer. Et puis, un beau matin, quand vous vous réveillez, il a englouti toutes les autres émotions – joie, envie, convoitise, et même amour – . Alors, vous vous retrouvez seul, complètement nu devant lui. Et il prend possession de vous.
Dennis Lehane (Sacré, trad. Isabelle Maillet
, p.24, Rivages/Noir, n°466)
Ceux qui aiment à blâmer sont, par nature, peu propres à l’amitié.
Démocrite (Les penseurs grecs avant Socrate, trad. Jean Voilquin, p.175, Garnier-Flammarion n° 31)
La plupart des hommes ne sont point les victimes de la faiblesse de leur esprit, mais de l’impuissance de leur attention. Il leur suffit presque toujours de se faire quelque violence, pour tirer de leurs facultés un parti dont ils sont les premiers stupéfaits.
Antonin Rondelet (Réflexions de littérature, de philosophie, de morale et de religion, Louis Vivès, Paris, 1881)