Après les bons amis, les bons livres m’enchantent.
À toute heure, en tout temps, je tiens entre les mains
Les ouvrages fameux des Grecs et des Romains.
Ô le grand don de Dieu que d’aimer la lecture !
Gédéon Tallemant des Réaux (Épître au père Rapin in Les historiettes, T.6, p. 409, J. Techener, 1865)
Et je mettrais ma main au feu que la spécialisation, cela met tôt ou tard un terme au progrès de l’espèce.
Roy Lewis (Pourquoi j’ai mangé mon père, trad. Vercors et Rita Barisse
, p.53, Pocket, n°3671)
Tout ce que l’esprit perçoit, il le fait avec l’aide de l’imagination créatrice, cette goutte d’eau sur la lame de verre qui donne netteté et relief à l’organisme observé.
Vladimir Nabokov (Partis pris, trad. Vladimir Sikorsky, p.175, 10|18 n°3352)
Pourquoi pensez-vous que les gens vont au théâtre ? Pour écouter ce que récitent les acteurs ? Pas du tout. Pas du tout. Les hommes vont au théâtre parce qu’ils y rencontrent des femmes… et les femmes vont au théâtre parce qu’elles y rencontrent des hommes…. Imaginez que, par un décret du tsar ou des circonstances quelconques, les salles de spectacles ne soient plus mixtes : un jour les hommes, un jour les femmes…. Je vous le dis, les théâtres seraient vides – vides. Les églises aussi d’ailleurs.
Maurice Pons (Chto!, acte 2 (Le Mage), p.96, Christian Bourgois, 1970)
[Dans le Sahara] On y baigne en permanence dans les conditions mêmes de l’ennui. Et cependant d’invisibles divinités lui bâtissent un réseau de directions, de pentes et de signes, une musculature secrète et vivante. Il n’est plus d’uniformité. Tout s’oriente. Un silence même n’y ressemble pas à l’autre silence.
Antoine de Saint-Exupéry (Lettre à un otage, p.40, Folio n°4104)