Citations quotidiennes du 31-01-2020

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C’est un penchant inné chez les mortels de piétiner celui qui est tombé.
Eschyle (Agamemnon, trad. Émile Chambry, p. 152 Éd. Garnier-Flammarion n°8)

Un des dictons populaires le plus généralement accrédités est certainement celui qui attribue au Temps le titre de Grand Consolateur. Et il n’en est peut-être pas qui exprime aussi imparfaitement la vérité. Le travail qui nous est imposé, la responsabilité qu’il faut encourir, les exemples que nous devons à autrui, voilà les grands consolateurs. Le Temps n’a que la vertu négative d’aider la douleur à s’user elle-même. Quel de nous (de ceux-là s’entend qui étudient les phénomènes moraux) n’a pas remarqué que le regret des morts s’effaçait le plus vite chez ceux qui ont le plus de devoirs à remplir envers les vivants? Quand l’ombre du malheur vient se poser sur notre toit, la question n’est pas de savoir combien il faudra de temps pour y ramener les rayons du soleil, mais quels travaux vont nous contraindre à marcher d’un pas plus ou moins rapide vers ce point de l’avenir où les rayons du soleil nous attendent. Le Temps, qui peut revendiquer bien d’autres victoires, n’a jamais , à lui seul, vaincu la douleur. Ce qui nous console le mieux du départ des morts, c’est l’impérieuse nécessité de pourvoir à l’existence de ceux qui leur survivent.
Wilkie Collins (Le Secret, trad. Old Nick, p.377, Éd. Hachette, Paris, 1858)

Agir quand il le faut, vaut mieux que les discours.

Louis de Boissy (le Babillard, sc. 5. (Valère), 1725)

La bienfaisance n’est souvent qu’une envie cachée de domination.

Sénac de Meilhan (Considérations sur l’esprit et les moeurs in OEuvres philosophiques et littéraires, Vol. 1, p.190, Graphie moderne par Gilles Jobin, 1795)

Qu’est-ce que le pari de Pascal, sinon courir la chance de l’immortalité ? Dieu, c’est la chance suprême d’un joueur : le dernier banco.

Étienne Rey (La Chance, p.19, Libairie Hachette (Coll. Notes et Maximes), 1928)

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