Sans la frontière que lui imposent les côtes et les falaises, l’océan noierait la terre et irait se perdre en trombes dans l’infini comme l’eau qui s’écoule d’une outre crevée.
Christiane Singer (Éloge du mariage, de l’engagement et autres folies, p.25, Albin Michel, 2000)
Princes, qui pouvant tout, vous croyez tout permis,
Aux malheureux soyez toujours propices :
Tels que l’on croit d’inutiles amis,
Dans le besoin rendent de bons services.
Edme Boursault (Ésope à la Cour, acte 3, sc. 3 (Ésope), 1701)
Calomnier l’espèce humaine
Est presque un défaut général;
Partout on prend bien de la peine
Pour en dire beaucoup de mal.
Pierre-René Le Monnier (Gosselin et Gai, p. 164 in Fables, contes et épîtres, Paris, 1773)
[…] le kilt, pour n’importe quel homme, est un vêtement plein de surprises…
Sean O’Casey (Il est temps de partir, in Théâtre V, p.186, L’Arche, 1963)
L’homme projette sur une paroi de rêve les fantômes formés par son esprit ; et il appelle cela le monde extérieur. Ainsi sommes-nous éternellement prisonniers de nous-mêmes. Enfermé dans une bulle de savon lisse et résistante, chacun de nous la décore d’une fantasmagorie d’image qu’il fabrique sans fin. Il ne voit jamais que ces images. Comme elles sont en perspective, il croit sa prison ouverte sur l’infini. Illusion pure : le mur est tout près. Et, comme des figures s’y meuvent, il croit voir des humains. Illusion encore : entre ces apparences, il est seul à jamais.
Henry Bidou (Journal des débats, cité dans La Petite Illustration, 1927, p.23)