Personne ne l’attendait. Personne ne savait où elle se trouvait.
Ce soir, elle aussi, elle était seule.
Elle était libre.
Emmanuèle Bernheim (Vendredi soir, p.43, Éd. Gallimard nrf, 1998)
Je m’intéresse peu aux gens. J’ai toujours été ainsi, et je ne changerai pas. J’ai mes raisons. Je n’ai jamais rencontré d’homme ne serait-ce qu’à moitié aussi sincère qu’un chien. Traitez dignement un chien, et il se montrera digne de vous, vous tiendra compagnie, sera un ami dévoué, et ne vous posera jamais de questions. Les chats sont différents, mais je ne leur en tiens pas rigueur.
Annie Barrows (Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates (coauteur : Mary Ann Shaffer), trad. Aline Azoulay-Pacvon
, p.211, NiL éditions, 2009)
[…] Rien, entre deux coeurs, n’est froid comme l’argent.
Hégésippe Moreau (Oeuvres complètes, p.81, A. Lemerre, 1890)
Les grands discours et les belles paroles ne manquaient pas, mais ce n’était qu’un emplâtre sur une jambe de bois.
Leo Perutz (La Nuit sous le pont de pierre, trad. Jean-Claude Capèle, p.151, Livre de Poche/Biblio n°3138)
Où étaient les souvenirs purs? En presque tous se fondent les impressions d’autres époques qui s’y superposent et leur donnent une réalité différente. Il n’y a pas de souvenirs, c’est une autre vie revécue avec une autre personnalité qui résulte pour partie de ces souvenirs eux-mêmes. On n’inverse pas le sens du temps à moins de vivre les yeux fermés, les oreilles sourdes.
Boris Vian ( L’herbe rouge, p.69 Livre de Poche # 2622)